Actualités Chlordécone

Caraïbe Écologie - Les Verts entend attirer l’attention du public sur deux rapports récemment publiés au plan national et qui devraient nous interpeller tous.

En effet, dans un Rapport rendu public le 6 mars, le Conseil Général de l'Environnement et du Développement Durable (CGEDD) juge comme globalement mitigé, le bilan du plan chlordécone 2008-2010, mis en place pour soit disant lutter contre les conséquences sanitaires du chlordécone, pesticide organochloré.

Par exemple, des équipes d'enquêteurs ont été recrutés dans le cadre du programme Jardins Familiaux (Jafa) pour proposer des analyses de sol et des solutions pour réduire si nécessaire l'exposition au chlordécone. Mais le CGEDD déplore que ce programme, piloté par l'Agence régionale de Santé (ARS), présente des résultats contrastés" car il couvre de manière incomplète les risques", En ciblant exclusivement les jardins créoles sis dans les anciennes soles bananières (risque potentiel), le programme JAFA "ne tient pas compte d'autres paramètres importants (risque réel) tels que la fiabilité incertaine du cadastre, les nombreux transferts de terre contaminée vers des jardins familiaux hors zone bananière (soit par les familles elles-mêmes, soit par les multiples chantiers de construction et travaux publics), de l'évolution de la connaissance sur l'étendue de la pollution (détection du chlordécone dans les eaux hors soles bananières), de l'usage domestique très répandu de pesticides de toutes natures…".

En outre, le CGEDD rappelle que les risques liés à l'autoconsommation de produits pollués par le chlordécone et d'autres pesticides (Paraquat, Dieldrine, bêta-HCH…) "ne se limitent pas aux cultures créoles » et regrette que « rien n'est prévu pour l'élevage familial (caprins, poules/œufs) sur terrain contaminé ni pour d'autres formes d'autoconsommations (produits de la mer, viandes issues des filières clandestines…)

Par ailleurs, un autre Rapport intitulé ECOD, publié mercredi 14 mars par le Réseau environnement santé (RES), dresse un panorama des données scientifiques disponibles qui mettent en évidence l'action diabétogène et obésogène sur le métabolisme glucido -lipidique des polluants organiques de type perturbateur endocrinien (PE).

"Le tissu adipeux ne peut plus être considéré comme un simple lieu de stockage de réserve calorique, mais doit être également considéré comme un organe sous contrôle hormonal. A ce titre, il est donc susceptible d'être aussi la cible des perturbateurs endocriniens", explique Gilles Nalbone, directeur de recherche émérite à l'Inserm et membre du RES.

Or nous savons que le chlordécone est "un perturbateur endocrinien". Ce pesticide, connu pour sa persistance séculaire dans le sol, est maintenant détecté dans l'eau, les denrées animales et végétales et dans toute la chaîne alimentaire. Dans des régions comme les nôtres, où le diabète fait des ravages, il y a de quoi être préoccupé.

Selon le Réseau environnement santé (RES), même s'il est encore nécessaire de développer la recherche en ce domaine, les données "sont cependant suffisantes pour prendre en considération la pollution chimique comme un axe complémentaire aux deux axes classiquement retenus (alimentation et sédentarité) dans la compréhension de l'épidémie d'obésité et de diabète.

Caraïbe Écologie - Les Verts souhaite que des actions complémentaires aux mesures « hygiéno-diététiques classiques » soient entreprises dans nos régions et que l’on tende vers une exposition humaine nulle aux perturbateurs endocriniens.