Ce 3 Octobre 2012 restera dans les annales comme un jour historique qui a vu vaciller la toute puissance des grands propriétaires du secteur de la banane.

Aujourd’hui, par la force du Droit, 4 associations que je défendais, SOS ENVIRONNELENT, ASFA, AMAZONA et IRETRA, ont obtenu que la Présidente du Tribunal administratif de Basse-Terre suspende l’arrêté du Préfet de Guadeloupe, en date du 13 Juillet 2012, autorisant l’épandage aérien dans les bananeraies de notre région.

Je voudrais vraiment dire WOULO BRAVO à ces militants écologistes qui ont accepté de s’engager à nos cotés pour porter cette action contentieuse, tout particulièrement Béatrice IBENE et le Dr F.S qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour construire avec nous une argumentation solide, juridiquement et scientifiquement.

J’ai également une chaleureuse pensée pour Aude LAVERY, une jeune étudiante de la région parisienne qui a récemment effectué un stage à mon cabinet en Droit de l’Environnement et qui s’est fortement impliquée dans les recherches et l’élaboration des deux recours intentés devant le Juge administratif. Qu’elle savoure avec nous, à 8000 kms, le goût de cette belle victoire !

Le Juge administratif a motivé sa décision, entre autre, comme suit :

« Considérant que si la lutte contre la cercosporiose constitue un objectif d’intérêt public…, il n’est pas établi que cet intérêt dont s’agit constitue un intérêt supérieur à celui dont ce prévalent les requérantes (c’est -à-dire, les associations requérantes). (page 8 de l’ordonnance)

Dans cette ordonnance transparaît, en filigrane, un message dont la portée symbolique est claire : Les intérêts économiques dont se prévalent les planteurs de banane ne sont pas supérieurs aux intérêts sanitaires et environnementaux que défendent les associations…

C’est une grande victoire pour la Guadeloupe, son Environnement et la Santé de ses habitants.

Certes le combat continue, sur le fond, car nous demandons l’annulation pure et simple de l’arrêté litigieux.

Nous avons de bonnes raisons d’être optimistes car, si la Présidente du Tribunal de Basse-Terre a bravé la pression ambiante des lobbys et remis en question un acte du Préfet, c’est que le Droit lui permettait de le faire.

Oui on sait que tout n’est pas encore gagné et que ce n’est pas encore la victoire finale. Mais le Juge administratif a considéré que les moyens que nous avons développés créent un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué.

Le Combat continue donc pour convaincre les pollueurs de tous bords de la richesse et de la fragilité de notre archipel de Guadeloupe. Déjà contaminé pour 100 ans au chlordécone, à cause de dérogations fautives données par le passé, par complaisance envers les mêmes (qui demandent encore aujourd’hui des dérogations pour contourner l’INTERDICTION DE LEPANDAGE AERIEN, édictée tant par le droit européen que le droit interne français), notre petit pays ne peut souffrir encore des conséquences de la cupidité et de l’entêtement de certains exploitants qui semblent ignorer les résultats des enquêtes officielles baptisées « TI MOUN » et « KARUPROSTATE ». Nous les invitons à les lire sur internet en cliquant simplement sur leurs noms.

PS 1 : N’OUBLIEZ PAS DE SIGNER LA PETITION CONTRE LA CONTAMINATION DES SOLS ET DES HOMMES ANTILLAIS SUR LE SITE SUIVANT :

Lien de la pétition en ligne: http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N28967stop-a-la-vague-toxique.jpg

Texte de la pétition: Pétition au Parlement Européen <http://www.harrydurimel.fr/public/HDFICHIER/CHLORDECONE_-_PETITION_AU_PARLEMENT_EUROPEEN.pdf>

PS 2 : Je me permets de solliciter votre soutien pour venir renforcer les rangs de « Caraïbe Ecologie - Les Verts »afin de poursuivre dans la rue, dans les collectivités et les instances dirigeantes, les combats multiples qui méritent d’être menés et qui interpellent.

Peace and Love,

Harry DURIMEL