La désagrégation de l’autorité parentale et des enseignants, l’absence de modèle, la culture de gangs, inexorablement répandue chez nous par les multimédias, des institutions qui ne remplissent plus leur rôle, un Etat qui ne tient plus ses promesses d’Egalité, de Liberté et de Fraternité, les « pwofitasyon » qui perdurent, voilà le terreau dans lequel s’enracinent durablement les phénomènes de violence, comme ceux qu’on a encore connus ce week-end.

C’est bien d’offrir des voitures, des hélicoptères et des caméras à la police et aux gendarmes.

Mais à la tentation du tout répressif, nous devons opposer une alternative plus ambitieuse, qui nécessite concertation et refonte des institutions et des attitudes sociétales.

Nous sommes à un moment où il convient de répondre à la violence des jeunes autrement que par la prison, en sa forme actuelle. L’augmentation des effectifs policiers, l’aggravation des sanctions et la multiplication des détentions ne donnent que des effets médiocres et peu durables. On en est même à se demander si la prison n’a –t-elle pas viré en lieu de dé-socialisation et en école du crime.

Face à un monde politique qui n’inspire plus confiance, face à des responsables qui sont trop souvent perçus comme des démagogues, les jeunes ne croient plus personne, ni en personne.

Pour traiter le problème de violence qui mine notre société, l’urgence c’est d’inventer de nouvelles formes de participation et d’information, notamment des habitants des quartiers défavorisés, de redéfinir la vocation du service public, d’accroître la lutte contre les inégalités et faire reconnaître nos particularités culturelles à ceux qui font les lois.

Nous sommes consternés quand on met en prison des parents désespérés qui infligent une correction à leurs enfants. Nous sommes aussi choqués quand des parents agressent des enseignants qui corrigent leurs enfants.

Mai ces parents ne sont-ils pas plus à aider qu’à blâmer ?

Une aide psychologique et morale des parents est souvent nécessaire. C’est pourquoi nous proposons de créer des lieux ouverts d’écoute et de paroles, avec des personnes disponibles et compétentes (la compétence n’étant pas obligatoirement liée aux diplômes, mais surtout à l’expérience et à la capacité d’écoute et d’analyse des situations). Ces espaces de dialogues participeront à la reconstitution de l’esprit de village et de la famille élargie d’autrefois. Le but principal étant de ne jamais laisser la souffrance et la violence s’installer sans réactions, sans proposition d’aide.

Il est du devoir de nos sénateurs et députés de veiller à l’adoption d’amendements et de dérogations qui préservent nos micros sociétés antillaises de l’influence de mœurs et déviances importées. Tout ce qui est bon pour Paris et sa banlieue n’est pas nécessairement bon pour Pointe-à-Pitre et Abymes.

Enfin, parmi les meilleures réponses au problème de violence, la mobilisation des jeunes eux-mêmes est essentielle, à travers de réseaux, bénéficiant du soutien d’associations, de lycées, d’élus locaux...etc.

Telle est la contribution de Caraïbe Ecologie - Les Verts au débat sur la violence et l’insécurité, légitimement ouvert à ce Congrès.

''Présenté à Basse-terre le 7/11/11 par Harry J. DURIMEL Porte parole de CELV Guadeloupe 8ème Vice –Président de la Région Guadeloupe''