Si c’était un particulier qui logeait des locataires dans de telles conditions inhumaines, il aurait déjà été traduit devant le tribunal correctionnel.

Par ailleurs, si la récente manifestation nautique, dite « la Route du Rhum », a mis en exergue les potentialités de Pointe-à-Pitre, ville littorale, en termes d’activités économiques liées à la mer, de nature à favoriser le développement des quartiers laissés pour compte, telle la zone -maritime- de Fouillole/Louisy Mathieu, elle a aussi mis en lumière nombre de dysfonctionnements et d’insuffisances affectant le cadre de vie et incombant au responsable politique que vous êtes.

Comparée à Saint-Malo, port de départ, qui bénéficie fortement des retombées de cet événement, Pointe-à-Pitre a laissé, dans l’esprit de nombreux journalistes français et étrangers, une image trouble, empreinte d’insalubrité, d’insécurité, et de précarité. Des conditions d’accueil et de déplacement médiocres, des ordures entassées un peu partout, des SDF et des désœuvrés livrés à eux mêmes, des bacs dédiés aux fleurs envahis par des mauvaises herbes, des espaces verts mal entretenus, des rats et d’autres vermines ici et là.

Pourtant, les promesses électorales laissaient augurer d’une ville agréable à vivre, embrassant tous les atouts de son exposition à la mer.

Nous avons, de bon gré, adhéré à cette volonté affichée, en acceptant notre désignation comme responsable de la commission environnement de la ville.

A ce titre, nous avons réalisé, en novembre 2008, « la semaine de réduction des déchets », qui a connu un franc succès.

Malheureusement, tous nos efforts pour obtenir de vos services un bilan chiffré de cette opération, l’instauration d’un "débat citoyen" sur la question de la gestion des déchets, le lancement d’un « Agenda 21 », sont restés vains. Aussi n’avons nous jamais pu capitaliser les fruits de cette semaine de mobilisation, qui est restée sans lendemain.

Force est de constater que l’équipe municipale ne fédère pas les associations intra-muros, ni les citoyens qui veulent œuvrer pour le développement de la cité. En dehors des périodes municipales, rien n’est fait pour informer et associer les citoyens à l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques

Force est de déplorer que l’environnement, la qualité de vie, la lutte contre l’exclusion, ne sont pas des priorités pour votre municipalité.

Face à ces constats, je ne peux que décliner toute responsabilité au sein de la Commission Environnement, préférant demeurer simple conseiller municipal de la minorité, disponible pour impulser une vraie dynamique de développement durable, notamment par la création d’éco-quartiers et de régies de quartiers, afin de faire de Pointe-à-Pitre une ville propre, belle, accueillante et sécurisante.

Je reste à la disposition de la communauté pour tout projet sérieux en ce sens.

Croyez, Monsieur le Maire, en mon profond respect.

Harry Jawad DURIMEL
Conseiller municipal de la Ville de Pointe à Pitre
Porte-parole des VERTS-GUADELOUPE