Parallèlement, les joutes électorales continuaient de plus belle. Et à chaque fois, nous nous sommes heurtés à ceux-là même qui, par ailleurs, se disaient nos alliés.
Soucieux de préserver notre intégrité, nous avons refusé toute alliance avec tous ceux qui, y compris dans le socle de la Gauche, pratiquaient la politique avec des méthodes qui faussaient le libre jeu démocratique.
Sous notre bannière, « L’ECOLOGIE-LES VERTS », et forts du slogan « Pa ni konbin’ », nous avons fait systématiquement cavalier seul.
Pour ma part, j’ai bravé tous les dangers et tous les poncifs, pour faire entendre la voix de l’Ecologie. J’ai martelé sans cesse, la tête dans le guidon, que nos territoires insulaires sont à la fois riches et fragiles de leur environnement et qu’il fallait une autre génération d’hommes politiques incarnant ces idées là.
Convaincu que seules les urnes peuvent consacrer une certaine légitimité, dans une société démocratique, j’ai participé à toutes les élections (cantonales, municipales, régionales, législatives et européennes).

Toujours avec de faibles moyens mais avec une grande détermination, nous avons imposé la présence des VERTS sur la scène politique locale.

Les élections européennes du mois de juin 2009 qui, malgré une forte abstention, ont été couronnées d’un incontestable succès (51% des suffrages exprimés), constituèrent un tournant dans mon parcours politique. Avec 51% en Guadeloupe, 30% dans la section atlantique de la circonscription outre-mer, tout en ayant gagné, j’ai perdu !!!

J’ai compris que la politique avait ses règles, qui n’ont rien à voir avec la philosophie, l’œcuménisme ou la vie associative.

Nous persistons à croire qu’il faut un idéal, une vision prospective pour faire de la politique. Mais l’accession au pouvoir, par la voie légale, obéit à une autre logique qui vous oblige à rechercher des alliances, des compromis.

Car dans une société marquée du sceau de la diversité comme la nôtre, nul ne peut prétendre avoir le monopole de l’Intelligence et de la Vérité.
Certes, il existe d’autres moyens de prendre le pouvoir, par la rue ou par les armes. Mais nos convictions humanistes et universalistes excluent, par principe, de telles options.
Nous avons barré des routes et des ponts, fait irruption dans des assemblées délibérantes, dans des Mairies, des administrations et chez des pollueurs.
Nous avons signé des pétitions, marché le long du littoral, distribué des milliers de tracts, rempli des registres d’enquêtes publiques, fustigé les élus, interpellé le gouvernement et déposé plainte contre les empoisonneurs.
Nous avons participé, en toute logique, à la révolte populaire du début de l’année 2009 menée par 48 organisations diverses et variées.
Mais cette posture contestataire n’épuise pas la contribution que nous entendons porter au développement durable de notre pays et au mieux-être de notre peuple.
Quant à mon implication personnelle, franche et déterminée au sein du LKP, elle était compatible avec mon engagement politique, dès lors qu’il avait été expressément convenu que ce collectif s’interdisait toute prise de position politique, tout particulièrement sur la question de l’évolution statutaire.
C’est donc en toute liberté que je continue mon parcours politique, sous le contrôle du suffrage populaire, convaincu que j’ai un rôle à jouer dans l’aménagement, l’administration et, en un mot, le « devenir » de mon pays.

A l’approche des élections régionales, nous avons convenu, au terme de longs débats, qu’il fallait rechercher la meilleure alliance, pour faire peser l’écologie au maximum dans les politiques publiques relevant de la compétence de cette collectivité majeure.

Face à L’URGENCE ECOLOGIQUE, cette stratégie s’est imposée à nous comme un DEVOIR.

Nous savons que, malgré la reconnaissance unanime de la pertinence de nos idées, nous aurons du mal, si nous nous présentons seuls, à avoir des élus dans la prochaine assemblée régionale.

Tous les partis (à l’exclusion de GUSR et du PC) nous ont sollicités. Toutes les têtes de liste, de l’extrême gauche à la droite, nous ont approchés, confirmant ainsi la sympathie généralisée dont nous jouissons dans le paysage politique.

Les rencontres ont été nombreuses et variées avec des groupes, des personnalités, des partis politiques, ayant l’ambition de prendre part aux prochaines élections régionales.
Deux groupes ont retenu l’attention de l’assemblée plénière des VERTS-GUADELOUPE qui demande au Conseil d’administration Régionale (CAR) d’approfondir les négociations avec eux. Il s’agit de :
  • Le groupe dissident PS d’Eric JALTON (député-maire des ABYMES) + une partie du GUSR (Guadeloupe Unie, Socialisme et Réalités) + PSG (Parti Socialiste Guadeloupéen) + Divers partisans d’une évolution vers une collectivité régie par l’article 74 de la Constitution + l’UPLG (Indépendantistes).

  • Le groupe PS + PPDG (Parti Progressiste et Démocratique Guadeloupéen), conduit par Victorin LUREL, Président sortant.
Le 19/12/09 à 9h 37 aux Abymes : Rencontre entre Eric JALTON et une délégation des VERTS: Pas de propositions concrètes mais un grand flou sur tout. Incertitude sur les autres partenaires, sur la place des indépendantistes, qui nous ont méprisés pour avoir pris part aux élections européennes. Flou également, quant à la Présidence de Région (Eric JALTON ayant indiqué que bien que conduisant la liste, il n’avait pas l’intention de briguer la présidence, car très attaché à la ville des Abymes qu’il vient de conquérir);

Le 20/12/09 à 10h 20 à Basse-Terre : Rencontre d’une importante délégation des VERTS avec Victorin LUREL: Volonté manifestée de fonder une nouvelle force de gauche avec le PS + le PPDG + Les VERTS. Volonté d’afficher une lisibilité écologiste sur la nouvelle liste et d’intégrer les propositions des VERTS dans le programme régional.

Il nous fallait donc faire un choix.

Le mercredi 23 décembre 2009, le Conseil d’Administration Régional des VERTS-GUADELOUPE s’est prononcé quant aux deux choix envisageables :
  • 8 membres se sont déclarés favorables à une alliance avec le groupe PS + PPDG + VERTS conduit par Victorin LUREL, soit à 72,72 %.
  • 2 membres, Marie-Line PIRBAKAS et Jean-Michel CUSSET, (lequel a récemment adhéré aux VERTS, après avoir longtemps été aux côtés de Lucette MICHAUX CHEVRY et même de sa fille Marie-Luce PENCHARD, contre moi aux élections européennes de juin 2009) se sont prononcés pour une alliance avec le groupe dissident PS + GUSR partiel + indépendantistes + PSG + partisans de l’Article 74 conduit par Eric JALTON, soit à 18,18 %.
  • 1 membre s’est abstenu.
Après moult délibérations et échanges, au terme d’une 4ème rencontre plénière consacrée à ce sujet, deux options ont été soumises au vote des adhérents des VERTS GUADELOUPE, le samedi 09 janvier 2010.

Résultat final :
  • Liste conduite par Victorin LUREL : 88,57 %
  • Liste conduite par Eric JALTON : 11,42 %.

C’est donc au terme d’une longue expérience, d’une réflexion approfondie et d’un processus démocratique, rare dans les partis politiques, que nous avons pris l’option d’intégrer l’alliance PS-PPDG-VERTS.

Quoi que puissent dire les esprits chagrins, nous n’avons pas vendu notre âme et nous ne nous sommes pas alliés au diable !

Nous continuerons à œuvrer, au niveau de la collectivité régionale, avec d’autres moyens et d’une autre manière, pour les mêmes valeurs et les mêmes objectifs, à savoir notamment :
  • Agir pour l’environnement, en intégrant au cœur de toute politique régionale la protection des écosystèmes et de la diversité biologique ainsi que la prévention des risques naturels.
  • Promouvoir les énergies renouvelables en vue d’atteindre l’autonomie énergétique.
  • Favoriser les transports alternatifs (ferroviaires et maritimes).
  • Développer les emplois utiles écologiquement et socialement.
  • Développer une agriculture et une pêche durables, respectueuses de l’environnement et garantissant une alimentation sûre.
  • Encourager l’économie sociale et solidaire, prenant en compte les critères environnementaux et sociaux.
  • Défendre les intérêts légitimes de nos régions insulaires et ultrapériphériques dans l’Union européenne.
  • Encourager l’intégration de la Guadeloupe dans son environnement géographique.
  • Favoriser les échanges, la diversité culturelle, l’apprentissage des langues régionales et l’éducation à l’écologie.
  • Lutter contre toutes les discriminations.
    Et l’on nous jugera aux actes !

  • Harry DURIMEL, Porte parole des VERTS-GUADELOUPE