Quoi que dise Monsieur le Président, le mois de mai est, pour nous français descendants d’esclaves, dédié à notre devoir de mémoire envers nos ancêtres et, tout particulièrement, à la commémoration de ceux qui, comme Ignace, Delgrès, Massoto, la mulâtresse Solitude et Gertrude se sont sacrifiés pour notre liberté et notre dignité.

Le 22 mai en Martinique , le 27 mai en Guadeloupe et le 10 juin en Guyane, sont autant de dates qui viendront rappeler à ceux qui oublient, ou feignent d’oublier, le parcours singulièrement dramatique des Français d’Outre-Mer.

Devoir de mémoire, non pas pour sombrer dans le ressentiment et la surenchère, mais pour se projeter dans l’avenir, oser penser et concevoir un projet de développement de la Guadeloupe, insérée dans son environnement caribéen et assumant son histoire avec ses souffrances et ses réjouissances.

Mettons à profit cette saison pour envoyer à nos ancêtres un message d’unité et de fraternité dans notre quête effrénée de liberté et d’égalité effective.

L'écologie politique a pour vocation de proposer des réformes de nos politiques publiques prenant en compte les contraintes économiques, sociales et écologiques.

Elle dépasse la simple défense de la nature pour embrasser le bien-être de l’Homme dans son milieu et sa capacité à préserver les équilibres vitaux de ce milieu. L’écologie touche à la Dignité, à la Liberté et à l’Egalité.

En cela, nous pensons que les Verts Guadeloupe sont les mieux placés pour lancer un appel au soutien de tous ceux et celles qui militent pour que l’action politique soit mise au service de l’Humain.

En effet, le changement climatique, la protection des ressources naturelles, la lutte contre toutes les formes de pollutions et discriminations sont des enjeux qui méritent une prise en charge unitaire, loin de tout clivage.

Traditionnellement, et encore aujourd’hui, les Verts se situent dans le camp de gauche.

Mais il convient de se demander si les notions de Droite et de Gauche correspondent encore à des réalités politiques en Guadeloupe ?

Existe-t-il encore des identités propres à la droite et à la gauche qui s'expriment en termes d'objectifs sociaux, de politique économique, de politique extérieure ?

Ou bien les options politiques sont-elles déterminées par les carcans de la finance et de la mondialisation, le mimétisme, la satisfaction d’intérêts partisans, les petites combines... ?

Débâtons tous ensemble et osons structurer l’espace politique local nous-mêmes, à l’aune de nos propres valeurs et repères et selon une ligne de démarcation historique, culturelle, économique, sociale et écologique.

L'émergence de pensées et démarches transversales, issues de la société civile, lors des récents mouvements du LK P, témoigne d'un besoin fort de s’affranchir du clivage gauche - droite pour trouver d'autres repères et proposer d'autres modalités d'engagement ?

Harry J. DURIMEL