Je vous donne connaissance de quelques extraits de mon intervention consignés au procès verbal de la réunion du 12 septembre 2008

« Cela veut dire que c’est par improvisation qu’on va fixer le terrain d’assiette d’un projet qui a d’ores et déjà fait l’objet d’une délégation de service publique au profit d’une entreprise multinationale.

C’est la preuve que ce projet n’est pas maîtrisé, ni sur le plan spatial, ni du point de vue du concept lui-même.

Cela me donne raison et confirme les inquiétudes que j’ai toujours exprimées quant à l’inadaptation de ce mégaprojet à notre réalité insulaire tropicale.

J’ai le sentiment que le comité syndical s’est laissé impressionner, voire même manipuler, par les « vendeurs » de ce qu’il est convenu d’appeler « Plateforme environnementale multi-filières de traitement des déchets ménagers et assimilés » (PEMTDMA).

C’est par cet euphémisme qu’on nous a présenté un projet censé concourir à la valorisation énergétique sans faire le bilan global de la chaîne énergétique, en cette période post-Grenelle de l’environnement où le gouvernement français et la Région Guadeloupe prônent à tue tête, le Développement Durable.

Le peu d’énergie qu’on vous promet de récupérer sera largement inférieur à la masse d’énergie qui sera dépensée.

Quant au coût financier de ce projet, il générera, à terme, une augmentation colossale de la pression fiscale sur le contribuable guadeloupéen.

Je pensais que l’élection d’un nouveau Président et l’installation d’un nouveau comité syndical nous donneraient l’occasion d’approfondir la réflexion afin d’amender substantiellement ce projet, voire même y renoncer, en raison, tout au moins, de sa non conformité au PDEDMA.

Mais force est de constater que vous avez simplement emboîté le pas à l’ancien Président et son comité, entérinant tout bonnement, sans le moindre esprit critique, la politique du fait accompli, tant décriée en son temps par les Présidents du Conseil Général et du Comité de pilotage de la révision du PDEDEMA….

Je l’ai dit, lors de la démonstration magistrale faite ici même, le 16 mai 2008, par les promoteurs de ce projet, et c’est aujourd’hui l’occasion pour moi de rappeler et d’exiger que cela soit consigné au procès verbal, afin que l’histoire retienne que je n’ai pas été complice des ravages sanitaires que va provoquer, inéluctablement, cet incinérateur que vous allez installer à Grand Camp.

Je sais que les débats sont clos et je respecte le vote de ceux qui, avant que je ne sois élu, ont fait ce choix.

Toutefois, nous avons le devoir d’alerter la population quant aux dangers de l’incinérateur et son inefficacité.

Certes, la GUADELOUPE croule sous une masse croissante de déchets et je peux comprendre l’urgence dont vous faites état pour justifier la mise en œuvre de ce projet pharaonique.

L'incinération parvient peut-être à écarter de notre vue le problème des déchets, mais elle ne l'écarte pas de nos poumons, ni de notre environnement, ni de la chaîne alimentaire.

L'incinération provoque plus de problèmes qu'elle ne prétend en résoudre.

Il est difficile de se retrouver dans le discours sécurisant des autorités publiques sur la conformité de ces incinérateurs. 100% des incinérateurs sont polluants au sens légitime du terme.

Effectivement, en ce qui concerne les métaux lourds et les polluants organiques persistants comme les dioxines, il n'y a pas de quantité tolérable, puisque ces composés ont le pouvoir de s'accumuler dans l'environnement et dans les tissus corporels.

Autrement dit, la fumée qui s'échappe des incinérateurs, quelle que soit la norme appliquée et quand bien même serait elle composée majoritairement de vapeur d'eau et de gaz carbonique, ne peut être qualifiée autrement que de toxique.

En outre, l’incinération ne ferme pas le cycle de la matière. Elle n'apporte donc rien à la recherche d'un « développement durable ». Elle produit un ensemble de déchets toxiques (émission atmosphérique, mâchefers, cendres, REFIOM, rejets liquides), représentant plus d'un tiers du poids des déchets non toxiques qu'on lui confie.

On est donc en droit de conclure que si l'incinération a une justification, ce n'est pas dans la politique de prévention et de précaution du développement durable qu'il faut la chercher.

Le tri sélectif et la réduction à la source des déchets sont des priorités à mettre en place.

Les études épidémiologiques, officielles et officieuses, s'accumulent, relevant, à proximité des incinérateurs, pour les unes, des taux de cancers anormaux, pour les autres, une augmentation des malformations congénitales.

Après avoir laissé contaminer notre eau et nos sols par le chlordécone, allons nous nous rendre encore complices de la pollution de notre air et du peu qui nous reste par la dioxine, le plomb, les mâchefers et les divers gaz toxiques que produisent les incinérateurs ? »
Avant l’examen du deuxième point de l’ordre du jour : Proposition de désistement dans le recours contre le PDEDMA, j’ai du rappeler que nous étions tous des élus responsables et que nous devions délibérer dans le respect mutuel et j’ai ainsi continué :
« Je suis un écologiste et un juriste. Il est donc de mon devoir de vous alerter sur des questions que je connais bien afin que demain, le reproche ne me soit pas fait d’avoir « fermé ma bouche et laissé faire ».

Je regrette d’être systématiquement pris à partie, invectivé, par Messieurs X et Y qui ne manquent aucune occasion de me manifester une hostilité que je trouve tout à fait déplacée.

On dira ce qu’on voudra, mais nul ne m’empêchera d’exprimer mes convictions, en tout lieu.

Permettez moi de vous rappeler que j’ai été désigné comme Vice-président délégué aux affaires juridiques. Or, il me semble que la demande de désistement d’un recours devant le Tribunal Administratif, que vous appelez tous, abusivement, « PLAINTE », aurait dû faire l’objet d’une discussion en commission restreinte, en présence de l’avocat conseil du SICTOM ;

De même, on nous demande de nous désister d’un recours, alors que nous ne l’avons jamais vu et qu’il n’est même pas ici présent pour que nous comprenions de quoi on nous demande de nous désister.

Il est curieux que ce soit le Président du Conseil Général qui nous demande de retirer ledit recours en annulation, alors que le Projet de plateforme multi-filères engagé par le SICTOM n’est pas conforme au PDEDMA promu et adopté par le Conseil Général ;

J’ai lu au procès-verbal de la précédente réunion du Comité Syndical du 23 juillet 2008, à l’occasion de laquelle cette même demande de désistement avait été rejetée par 13 voix contre 3, que le collègue Z avait indiqué :« le PDEDMA c’est la référence ».

Aujourd’hui, fort heureusement, le collègue X a rappelé, malgré l’hostilité qu’il manifeste à l’égard de ma position, que « ce recours en annulation avait été introduit par le Président GENIES parce qu’il était dit  ………………… que le Projet multi-filièrs adopté par le SITCOM n’est pas conforme au PDEDMA » Pour ma part, et répondant aux allégations fallacieuses du sieur Y qui prétend, « qu’à m’entendre, la Ville de Pointe-à-Pitre, qui exige pourtant des heures supplémentaires des agents du SICTOM, serait contre la réorganisation du traitement des déchets en Guadeloupe »,
J’ai rappelé avec vigueur que :
«  Pointe-à-Pitre est une ville capitale et à ce titre, la collecte des déchets sur son territoire impose des contraintes spécifiques et qu’on ne peut faire le reproche à son Maire de demander au SICTOM, dont la ville est membre, d’adapter ses services à ses contraintes.
  • Lors de ma désignation comme l’un des représentants de la Ville de Pointe-à-Pitre au Comité syndical du SICTOM, le Maire de Pointe-à-Pitre a cru devoir me rappeler la position de la ville, à savoir, le respect du PDEDMA, ce que je ne peux, en juriste, ignorer.
Vous comprenez donc que logiquement, je ne devrais être que pour le désistement du recours contre le PDEDMA qui, s’il est vrai qu’il ne donne pas pleinement satisfaction à mon Parti politique et à l’écologiste que je suis, demeure toutefois un certain compromis « entre la valorisation biologique et l’incinération » (dixit J. GILOT). Par contre, ce qui me paraît illogique, c’est que :
  • C’est le Président du conseil Général qui nous prie de nous désister de ce recours en annulation de son PDEDMA ;
  • Or c’est le SICTOM qui a court-circuité le nouveau PDEDMA pendant le processus même de révision ; c’est l’ex-Président du PDEDMA qui, fidèle à sa logique que je respecte, a sorti la hache de guerre en introduisant ce recours en annulation du PEDEDMA . A cet égard, je tiens à préciser que même si Monsieur GENIES et moi même, nous avons fait un bout de chemin ensemble entre les deux tours des élections municipales, je ne lui ai jamais caché mon opposition très nette à sa vision de la gestion des déchets.
Je m’évertue encore à comprendre :

Pourquoi le Président du Conseil Général a laissé s’épuiser les délais de recours contre ce projet qui est contraire à son pdma

Pourquoi on nous invite à nous désister du recours initié par Monsieur GENIES contre le PDEDMA.


J’ai même interpellé un collègue, que par ailleurs j’apprécie, en ces termes :
Dites moi, Monsieur le Maire, c’est ainsi que vous procédez dans votre ville ? On signe d’abord les marchés, ensuite on recherche le financement ?

Ce n’est pas ainsi que j’ai appris la gestion des fonds publics, des Collectivités et Etablissements publics.
J’ai proposé le retrait de cette question
Afin que nous nous réunissions en commissions des affaires juridiques, en présence de l’avocat ayant rédigé ce recours et de Messieurs GILOT et /ou LOUISY, pour que nous comprenions bien le sens de la décision que vous nous demandez de prendre ;
J’ai ainsi conclu :
Sachez en tout cas que je ne m’associerai à aucune décision qui serait de nature à mettre en cause ma crédibilité si demain tel ou tel contribuable prenait l’initiative d’un recours contre vos décisions.
Harry Jawad DURIMEL